Au secours, mon enfant bégaie !

**Cet article va chercher à proposer des astuces pour communiquer au mieux avec votre enfant, favoriser un espace d’expression dénué de tensions, mais ne proposera pas d’exercices orthophoniques à proprement parler.  Il s’adresse en priorité aux famille d’enfants de moins de 6 ans, qui ne peuvent bénéficier de prise en charge, ou dont la prise en charge a été interrompue pour cause de confinement.**

Un enfant qui bégaie, qu’on se le dise, c’est stressant, parfois agaçant, souvent douloureux.  Si vous lisez cet article c’est que vous êtes sensible à cette difficulté, que vous percevez la souffrance et la frustration que cela peut entraîner, et que vous avez envie d’aider.

Pour commencer, je vais vous présenter 3 attitudes dites nocives que l’on peut avoir plus ou moins consciemment face à un bégaiement de l’enfant.

1/ les moqueries, les reproches : alors oui, ça paraît évident, c’est pas très très sympa, et ça n’aide pas, c’est le moins qu’on puisse dire.  Mais je le signale tout de même, car dans les familles où la taquinerie, l’humour et le second degré sont de mise, on peut se laisser aller à des boutades innocentes, et il vaut mieux avoir à l’esprit que c’est à éviter dans ce contexte précis.

2/ les conseils : moins évident déjà.  Quand on offre des conseils, on veut bien faire ! Sauf que le pauvre loulou qui essaie de vous raconter un truc important, et qui a droit à « respire, prends ton temps, t’inquiète pas, je t’écoute », vous comprenez bien que ça peut le frustrer un poil, et le stresser plus encore.  Alors les conseils, on les garde pour soi !

3/ la fausse indifférence : ça, tout le monde le fait !  On reste poliment face à la personne bègue, et on attend, sans broncher, sans interrompre, pour ne pas être malpoli, comme si tout était normal, alors que tout ne l’est pas, et la personne qui se débat pour s’exprimer en a tout à fait conscience.

Pas bégueule |
(source : https://www.birdsdessines.fr/2015/07/21/pas-begueule/)

Alors que faire ?  Comment aider sans être stressant, intrusif, moqueur ou malpoli ?

La chose la plus importante à garder à l’esprit c’est que votre enfant, qui vous parle, a quelque chose à vous dire.  Et ce qui est important à ses yeux, c’est bien cela.  C’est le message qu’il a envie de vous transmettre, et pas la façon dont il le transmet.  Ce qui importe c’est le fond, pas la forme.  Et lorsque vous restez stoïque face à son trouble, ou que vous lui donnez des conseils pratiques, ce qu’il perçoit lui, c’est que son message passe à la trappe.

1/ Facilitez-lui la vie ! Si vous savez de quoi il parle, aidez-le ! Si par exemple il rentre excité de l’école en disant « j’ai eu une bb-bb-bb… », vous pouvez dire avec douceur « une bonne note ? » et enchaîner sur les félicitations de mise.  Vous pouvez vous aider du contexte pour deviner ce qu’il a envie de vous dire.  Vous pouvez-lui poser des questions fermées, sans le presser.  Si vous voyez où il veut en venir, ne le laissez pas embourbé dans son bégaiement, mais facilitez-lui la tâche.

2/ Si vraiment le message ne passe pas, que vous êtes dans l’incompréhension, que la frustration monte, rassurez-le sur l’importance de son message, et proposez-lui une alternative : « mince, je vois bien que tu veux me dire un truc important, tu veux l’écrire ? le dessiner ? me montrer une photo ? avec des playmobils ? » (pas tout à la fois hein, vous choisissez en fonction de votre enfant).

Et concrètement, pendant que l’ortho est confinée, on peut faire quoi ?

Tout simplement proposer des petits moments de langage sans pression à votre enfant.  N’essayez pas de faire de rééducation, le bégaiement est un sujet intime et délicat, ne vous y attaquez pas de façon frontale, sans formation.

Un moment de langage sans pression, c’est un espace de parole où l’enfant est seul avec un parent, au calme, et peut échanger autour d’un support visuel s’il le souhaite. 
La lecture d’album est un medium idéal : vous prenez le livre, votre enfant se blottit contre vous, et vous racontez : vous décrivez les images, vous émettez des hypothèses, vous parlez d’une voix paisible, et vous laissez à l’enfant des pauses pendant lesquelles il peut prendre la parole s’il le souhaite.  Vous pouvez poser une question : « et à ton avis, le loup, il va faire quoi » et vous laissez passer 3 secondes.  Si votre enfant ne dit rien, vous poursuivez, sans insister : « moi tu sais, je pense qu’il va essayer de passer par la cheminée, tu crois que ça serait une bonne idée ? »
Ce n’est pas grave si votre enfant ne prend pas du tout la parole pendant ce moment privilégié.  Il aura passé un bon moment, détendu, sans pression langagière… et vous aussi au final !

En cas d’urgence, l’Association Parole Bégaiement propose des entretiens téléphoniques avec des orthophonistes pendant la durée du confinement, ainsi que de nombreuses ressources écrites, à explorer sur le site.

Charlotte L

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