Valoriser son enfant avec le renforcement positif, est-ce la clé ?

Quand on se renseigne un peu sur l’éducation et sur l’apprentissage, on va toujours, à un moment ou un autre, tomber sur des articles, sites, livres qui parlent de renforcement positif, de valorisation, de bons comportements, de bienveillance etc.

Ce sont des termes qui sont à la fois très positifs mais qui peuvent aussi engendrer beaucoup de culpabilité et l’impression de ne pas être à la hauteur. Essayons ensemble de déblayer le terrain et de comprendre l’intérêt de valoriser son enfant, et aussi pourquoi on n’est pas un mauvais parent parce qu’on a crié sur son enfant…

  1. Un comportement s’apprend !

Je me souviens d’une formation donnée par le SUSA (Service universitaire spécialisé dans l’autisme, en Belgique) qui parlait des troubles du comportement. On nous avait exposé la situation suivante (j’ai peut-être un peu modifié l’histoire, ça date!) :

Une petite fille, appelons-la Marion, veut avoir un jouet qui se trouve sur une étagère en hauteur. Sa maman est en train de faire la vaisselle. Marion demande le jouet une première fois, correctement. Sa maman lui dit  » attends, je suis occupée ». Marion attend un peu, puis redemande le jouet, plus fort, et moins poliment. Maman lui dit à nouveau « attends Marion, je suis occupée, je termine la vaisselle ». Marion attend un peu puis elle fait une crise de comportement : elle crie, tape, se roule par terre… Maman lui dit  » oh la la, c’est bon, voilà, tiens ton jouet !  » et elle lui donne le jouet.

Si on analyse la situation, qu’est-ce que Marion a appris ? Elle sait maintenant que pour obtenir le jouet rapidement, il vaut mieux crier, taper, se rouler par terre, car si elle demande gentiment, elle ne l’aura pas tout de suite. Alors bien-sûr que dans la vie, ça arrive, on a les mains prises, on est occupé, on ne peut pas, mais il faut avoir en tête que si on renforce le comportement négatif plusieurs fois, c’est ce comportement qui va s’intégrer chez l’enfant (ça marche aussi chez l’adulte…) et il finira par le reproduire à chaque fois. Le fait d’en avoir conscience ne va pas faire qu’on va être toujours plus libre et disposé à répondre positivement à toutes les demandes, mais on aura en tête qu’il faut renforcer le bon comportement.

On peut transposer cette situation à plein d’autres :

  • J’ai une robe que j’aime bien. A chaque fois que je la mets, on me fait des compliments. Du coup, j’ai envie de la mettre souvent !
  • Je n’aime pas ranger ma chambre, mais quand je le fais, papa me félicite et me propose de faire un jeu. Du coup, ça me donne envie de ranger ma chambre plus souvent !
  • J’ai fait une évaluation à l’école, j’ai fait des erreurs, c’est vrai, mais la maîtresse insiste sur les bonnes réponses, me félicite pour mes efforts et m’encourage pour mieux faire pour le reste, ça me donne envie de me donner à fond la prochaine fois !

Sachez d’ailleurs que les valorisations, les compliments, les félicitations aident le corps à libérer de l’endorphine, qui est l’hormone du plaisir, du bonheur, alors que les réprimandes, les disputes engendrent le développement du cortisol, hormone du stress. On peut tous expérimenter que le stress a tendance à prendre le dessus sur le bonheur alors….

2. Comment valoriser mon enfant ?

En premier, on apprend à dire merci ! On a tendance à beaucoup demander aux enfants de dire merci, s’il te plaît, pardon….Mais en tant qu’adulte, est-ce que nous leur disons souvent merci ? Peut-être un peu, mais pas suffisamment ! « Merci de m’avoir aidé en mettant la table, ça m’a permis de surveiller la casserole « , « merci d’avoir été calme pendant que j’étais au téléphone, j’ai bien entendu ce que me disait le docteur »,  » merci d’avoir rangé ta chambre, c’est plus joli et plus agréable pour tout le monde » ….

Puis, on peut aussi, à chaque fois qu’on veut dire quelque chose de négatif, se poser la question de comment le transformer en quelque chose de positivement renforçant. Au lieu de « j’en ai vraiment marre de devoir te courir après chaque soir pour que tu te laves les dents, tu m’épuises », on pourrait dire  » j’aime bien quand tu vas directement te laver les dents, comme ça, je t’attends calmement et ensuite j’ai envie de passer un moment avec toi pour discuter de ta journée ».

Certains enfants sont sensibles aux tableaux de comportement, qui peuvent être utilisés à la maison, en classe. Le principe est de déterminer les activités ou les comportements attendus et de les rendre explicites visuellement (image, photo, picto) pour que l’enfant puisse savoir ce qu’il doit faire, plutôt que d’attendre qu’il s’en rappelle et de s’énerver parce que ça fait 20 fois qu’on lui dit qu’après le repas, on se lave les dents. Encore une fois ici, il est plus intéressant de valoriser les bons comportements (point vert, smiley content, coeur, autocollant divers…) que de pointer les mauvais comportements, ce qui n’a pas été fait…(point rouge, croix rouge, smiley pas content etc). L’idée est donc renforcer les bonnes actions, les bons comportements, et de déterminer avec l’enfant ce qu’il doit faire de bien pour obtenir le renforcement final (une activité plaisante, un plat apprécié, une sortie…). Cela revient en fait à stimuler la motivation de l’enfant, en le poussant à donner le meilleur de lui-même! On fait tous les choses pour une motivation : le salaire, l’égo, la valorisation des autres …Dans l’idéal, on fera évoluer le tableau de comportement avec l’enfant, dans le sens où les activités acquises peuvent être remplacées, au fur et à mesure, par des nouvelles choses à apprendre.

Avec les personnes qui présentent de l’autisme, on utilise souvent l’économie de jetons, mais ça peut être utilisé pour développer la motivation chez n’importe quel enfant. Qu’est-ce que c’est ? Pour faire simple, il y a 3 éléments principaux : le comportement attendu, les jetons reçus quand le comportement est atteint, et le renforcement. L’intérêt est de clarifier visuellement la situation : tu veux obtenir tes 5 minutes de tablette, pour cela tu dois réaliser 3 exercices (3 jetons), mais ça peut concerner toutes les activités et comportements : rester assis, rester calme, faire ses mouvements demandés par le kiné, manger son repas en entier …Ce qui est intéressant est de pouvoir moduler car si on voit que l’enfant est capable de faire deux calculs assez facilement pour obtenir le renforçateur, on pourra la prochaine fois en proposer trois, par exemple.

J’ai une fois collaboré avec une école dans laquelle chaque élève avait un cahier des bons comportements ! L’enseignant inscrivait ce que l’enfant avait fait de bien : aider un élève, porter le sac de la maîtresse, tenir la porte, réconforter un camarade, régler un conflit par la parole….Et chaque mois, un enfant particulièrement bienveillant envers les autres était mis en avant ! J’avais trouvé ça vraiment sympa et valorisant ! Chaque enfant, quels que soient ses notes, son niveau ou sa personnalité, pouvait être félicité pour ses bonnes actions, à la portée de tous.

3. Et si j’ai crié, si je n’arrive pas à être tout le temps bienveillant, si parfois j’en peux plus et je le punis ?

Déjà, personne n’est bienveillant TOUT le temps, c’est impossible. On a tous nos limites et parfois, elles sont dépassées. Et parfois, on ne montre pas le meilleur de nous-même, comme TOUT LE MONDE. On dit des mots qui dépassent notre pensée, on va trop loin. C’est humain !

Bien-sûr que ce n’est pas l’idéal, mais ce n’est pas la peine de s’auto-flageller, de se rabaisser, de se sentir nul pour cela. L’intérêt est d’en faire quelque chose de positif. Comment ?

  • On peut s’excuser ! C’est important de savoir dire pardon, de reconnaître qu’on n’a pas agit de la meilleure manière. C’est aussi l’occasion d’apprendre un bon comportement : je fais une erreur, ça arrive, je répare.
  • On peut discuter ! Quand tout le monde est calmé, on peut en reparler, et chacun peut exprimer son point de vue, ce qu’il a ressenti, et comment on pourrait faire la prochaine fois pour que ça se passe bien, ce qui permet à chacun, enfant comme adulte, de construire du positif. C’est important d’apprendre tôt à exprimer ses émotions, positives comme négatives.
  • On peut lire ! Sur les émotions, la colère, les comportements attendus, le fait d’être un enfant dans un monde de grands, un adulte qui doit s’occuper d’un enfant …
  • On se pardonne ! A soi-même, d’abord, et puis à l’autre. Parce qu’on fait tous de notre mieux, et c’est pas toujours facile…Etre bienveillant, ça commence par soi !

Petit à petit, on peut essayer de retrouver un peu de sérénité, au quotidien, à la maison, en classe…Et on ne s’empêche pas, évidemment, de donner les limites, car elles sont nécessaires !

Quelques liens :

Un petit cadeau perso pour finir sur une note d’humour :

On ne dit pas « qu’est-ce que c’est que ce b***** !!! » mais  » Merci mon chéri d’avoir redécoré le salon !  »

Bonne journée,

Charlotte F.

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