Au secours, mon enfant ne parle pas !

Dans notre vie de parent, il y a des moments-clés qu’on attend avec impatience :

  • la première nuit
  • le premier repas avec de la purée
  • les premiers pas
  • le premier mot
  • etc etc

Quand l’une ou l’autre grande étape prend du retard, on s’interroge, on s’inquiète, on demande aux copines, on cherche sur internet…

Quand son enfant ne parle pas, on peut vite s’inquiéter car parler, et plus largement communiquer, est un besoin essentiel pour l’être humain.

  • Communiquer !

Votre jeune enfant ne parle pas ou peu, mais il communique. Il est important pour vous comme pour lui d’identifier la ou les façons dont il communique. Peut-être pointe-il les objets qu’il désire? Fait-il des signes? des gestes? Emet-il des sons? Fait-il des mimiques? Tous ces indices vous aideront à mieux identifier les tentatives de communication de votre enfant et à enlever de la frustration de votre côté comme du sien.

Le plaisir reste l’autre clé de la communication. Parlez à votre enfant, avec votre enfant. Pensez à vous adresser à lui régulièrement et à commenter certains gestes du quotidien. Essayez de rester dans le juste milieu et de ne pas occuper tout l’espace sonore. Ainsi, il est judicieux de laisser un temps de latence lorsque vous posez une question même si l’enfant n’est pas en mesure d’y répondre verbalement. Certains moment de la journée sont des moments privilégiés pour échanger avec votre enfant. Selon les familles cela peut-être le bain, le change pour les plus petits, la préparation des repas, des moments de jeux partagés ou  juste avant le coucher.

  • Parler !

Lorsqu’on s’adresse à un enfant et tout particulièrement à un enfant qui a des difficultés de langage il est recommandé d’adopter un vocabulaire simple mais riche. Les simplifications du type “bobo”, “dodo”, teuteute” ou “bibi” sont à éviter. Depuis sa naissance, votre langage s’est déjà adapté à votre enfant c’est le parler bébé, votre prosodie est plus marquée et votre débit ralenti, cela est normal et bénéfique pour votre enfant, inutile d’en rajouter.

Dans le cadre de difficultés de langage, vous pouvez essayer d’être redondant, d’utiliser le même vocabulaire dans plusieurs situations et de faire des liens entre ces différentes situations. Par exemple si vous avez vu le matin sa tour de légo s’effondrer, n’hésitez pas à lui rappeler et à utiliser les mêmes mots si vos boîtes de conserve s’effondrent à leur tour.

L’autre point important, le cerveau ne traite pas la négation surtout chez le jeune enfant. Ainsi Isabelle Filliozat et Roland Jouvent s’accordent sur le fait que lorsque vous dites à un enfant “ne cours pas” il va accélérer car son cerveau n’aura traité que l’information courir. Ainsi, éviter la négation permettra de développer la compréhension de votre enfant et la richesse du vocabulaire puisque vous devrez trouver les mots précis dans chaque situation. Préférez “arrête toi” à ne cours pas.

Il est également possible de proposer à votre enfant les signes comme support de communication. En effet “les gestes de communication font partie intégrante du développement normal de l’enfant qui n’a pas de problème moteur. L’antériorité du geste communicatif dans le développement par rapport au mot peut être expliqué par la maturation motrice manuelle antérieure à la maturation articulatoire. Ces gestes viennent naturellement lors des interactions répétitives et grâce à l’imitation dont l’enfant devient capable petit à petit.”[1] Que vous choisissiez les signes MAKATON ou LSF je vous suggère le site de Little bun Bao, bilingue en LSF et titulaire d’un master en psychologie de l’enfant, vous disposez également d’un site (ou application) Elix qui est un dictionnaire vidéo de LSF. Pensez à sélectionner une dizaine de signes, des verbe et noms qui reviennent fréquemment dans votre quotidien (le bain, manger, son jeux préféré, jouer, doudou…) et à les utiliser, toujours associé à la parole, le plus souvent possible dans la journée.

Enfin pour tout acte de communication il est important de se placer face à votre enfant, à sa hauteur, et de s’assurer que vous avez capté son regard.

  • Stimuler !

JOUER‌ : allez vers des jeux qu’apprécie l’enfant, verbalisez, utilisez des onomatopées et là encore prenez du plaisir. N’hésitez pas à lui faire découvrir de nouveaux jeux. S’il ne semble pas intéressé passez à autre chose. Les jeux avec une forte stimulation sensorielle (visuelle, auditive ou tactile) auront souvent la préférence de vos enfants.

LISEZ : la lecture est un support idéal de communication puisqu’il y a une représentation visuelle ancrée, cela permet à l’enfant de parfaire son lien signifiant/signifié (objet/mot).

CHANTEZ : les chansons simples de votre enfant, surtout si elles sont signées, auront la préférence de votre enfant. Si vous êtes en manque d’inspiration allez faire un tour sur Youtube et apprenez. Le but est de chanter pour/avec votre enfant et pas de le mettre devant Youtube. La chaîne MAKOMPTINE reprend le répertoire de base des jeunes enfants avec l’ajout de signes MAKATON.

En conclusion, peu importe ce que vous faites comme activités mais surtout communiquez et prenez du plaisir.

Mathilde V.


[1] Bébé: le langage à portée de mains Apports des signes pour bébés chez les enfants de 0 à 2 ans accueillis en crèche. MEMOIRE En vue de l’obtention du Certificat de Capacité d’Orthophonie présenté par : Amandine CAILLAUD et Claire CHARVET soutenu publiquement en juin 2012 :

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